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Communication interne — Éloge du comique

Souvent, en auditant les contenus des communications internes, je pense (sans nécessairement le dire au client) que c’est avant tout ennuyeux. M’ont gagné en effet les sentiments que le Larousse assigne à l’ennui : « lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, manque d’intérêt, monotonie (au singulier seulement) ».

Il y a de multiples manières de s’y opposer : produire des contenus denses (sans eau) – ce qui se distingue du sempiternel appel à « faire court » –, singulariser le langage, donner le sentiment de l’urgence, faire preuve d’une grande créativité… Une liste pourrait être faite (à venir sur le blog). Mais souvent le ressort comique est la meilleure solution. Faire rire ou sourire crée le contact, la reconnaissance, le buzz, et surtout ce petit choc cathartique qui, simultanément, évoque une situation difficile et incite à la dépasser en trouvant des solutions.

Rien n’est plus utile dans une entreprise qui chaque jour invite ses collaborateurs à « sortir de leur zone de confort » mais préfère les euphémismes à la franchise du comique. Et à sa modernité. Car le comique désacralise et lie profondément mais légèrement. Toutes ses formes ne sont évidemment pas mobilisables. La farce est délicate, l’humour noir déconseillé, le burlesque dévalorisant. Mais l’humour et, parfois, la parodie sont de très bonnes disciplines.

La parodie quand elle s’attaque en les déformant aux faux modèles pour les faire évoluer : le manager avec ses anglicismes, l’expert avec ses acronymes, le communicant avec ses éléments de langage. Tellement utile, encore, pour communiquer sur la transformation numérique. De manière équilibrée : en soulignant l’inanité des technophobes, qui « flippent » de voir leur vie privée contrôlée, tout en se moquant des technophiles, pour qui un réseau social fabrique par lui-même le partage et l’harmonie. On pourrait imaginer une BD : bisounet contre bizunet (je ne suis pas auteur…).

Et puis il y a l’humour. Indispensable. Très adapté à l’entreprise, univers appliqué par définition, puisqu’il crée le comique en mordant le sérieux. Il permet de mettre à distance les conventions pour en faire apparaître les défauts, de susciter l’autocritique, le sourire de soi-même. Imaginez ce qu’on pourrait faire en moquant les valeurs d’une entreprise, en les sortant de leur emphase pour finalement prouver leur intérêt. Ce qui résiste à l’humour est plus fort. Regardez Barack Obama, une grande partie de son leadership tient à cette capacité de décontraction, de proximité, de refus de « l’esprit de sérieux ». C’est d’ailleurs lui qui m’a inspiré ce petit billet. J’en prépare une nouvelle version. Plus fun…